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Fatwa de l’ancien grand mufti Ibn Baz à une question sur le jeûne du Ramadan posée par le roi Salman à l’époque émir

Lettre à Son Altesse l’émir de Riyad quant à l’explication d’un verset

De Abdelaziz ben Abdallah ben Baz à Son Altesse Royale l’honorable émir Salman ben Abdelaziz, émir de la région de Riyad, qu’Allah lui accorde la réussite et augmente son savoir et sa foi, amen.

Que la paix d’Allah soit sur vous ainsi que Sa miséricorde et Ses bénédictions.

Ceci étant dit, je reviens ici à votre question posée oralement au sujet de l’interprétation de la parole du Très Haut {Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté, la compensation est de nourrir un pauvre. Toute personne qui d’elle-même fait plus, c’est meilleur pour elle, mais il est mieux pour vous de jeûner si vous saviez.} [sourate Al-Baqarah – verset 184], et à la volonté de Votre Altesse que la réponse soit manuscrite.

Je vous informe donc que les savants explicateurs du Coran, qu’Allah leur fasse miséricorde, ont mentionné qu’Allah, pureté à Lui, quand Il légiféra le jeûne du mois de Ramadan, Il permit de choisir entre soit manger et nourrir un pauvre ou soit de jeûner, et jeûner était mieux.

Toute personne qui mangeait alors qu’elle pouvait jeûner, elle devait alors nourrir un pauvre, et si elle nourrissait plus d’un pauvre ceci était meilleur pour elle et elle n’avait pas de jours à rattraper. Et si elle jeûnait, ceci était meilleur pour elle selon Sa parole, Tout-Puissant et Majestueux soit-Il, {mais il est mieux pour vous de jeûner si vous saviez}.

Quant à la personne qui est malade ou en voyage, elle doit manger et rattraper ses jours mangés selon Sa parole, pureté à Lui, {Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours} [sourate Al-Baqarah – verset 184].

Puis Allah abrogea cela et Il rendit le jeûne obligatoire à la personne responsable, forte et résidente, et Il permit de manger à la personne malade ou en voyage tout en devant rattraper ses jours mangés. Ceci selon Sa parole, pureté à Lui, {Le mois de Ramadan durant lequel le Coran a été descendu comme guide pour les gens et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne. Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. Allah veut pour vous la facilité et Il ne veut pas pour vous la difficulté, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah de vous avoir guidés, et que vous en soyez reconnaissants}. Nourrir un pauvre resta cependant dans le droit de l’homme et la femme âgés qui n’ont pas les capacités de jeûner, ceci comme il fut attesté selon certains compagnons dont Ibn Abbas et Anas ben Malik, qu’Allah soit satisfait d’eux, et certains pieux prédécesseurs, qu’Allah leur fasse miséricorde.

L’imam Al-Boukhari rapporta dans son recueil de hadiths authentiques, selon le compagnon Salama ben Al-Akwa’ qu’Allah soit satisfait de lui, le sens de ce que nous avons mentionné au sujet de l’abrogation du verset cité et qui est cette parole du Très Haut {Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté, la compensation est de nourrir un pauvre.}, jusqu’à la fin du verset. Et ceci fut rapporté aussi selon le compagnon Mou’adh ben Jabal, qu’Allah soit satisfait de lui, et certains pieux prédécesseurs, qu’Allah leur fasse miséricorde.

Tout comme l’homme et la femme âgés, l’homme et la femme atteint d’une maladie inguérissable doivent aussi nourrir un pauvre par jour mangé, mais ils n’auront aucun jour de jeûne à rattraper. Et il est permis de donner cette nourriture au début ou au milieu ou en fin du mois de Ramadan.

Quant à la femme enceinte ou celle qui allaite, elles sont tenues de jeûner, à moins que ceci ne soit difficile pour elles à supporter. Dans ce cas-là alors il leur est permis de manger et elles devront jeûner les jours mangés comme la personne ayant été malade ou ayant voyagé. Parmi les deux avis différents des savants sur ce sujet, c’est ce dernier qui est juste sur le droit attribué à ces personnes.

Certains pieux prédécesseurs ont dit qu’elles doivent manger mais n’auront aucun jour à rattraper comme l’homme et la femme âgés. Mais l’avis qui est juste c’est que ces femmes ont le même statut que la personne malade ou en voyage ; elles mangent puis elles jeûneront les jours mangés. Et un hadith avéré du Prophète, que les éloges et la paix d’Allah soient sur lui, et rapporté par le compagnon Anas ben Malik Al-Ka’bi, nous montre qu’elles sont comme la personne malade ou en voyage.

Je demande à Allah, Le Tout-Puissant et Majestueux, de nous accorder à vous et à nous la compréhension de Sa religion et d’y être ancrés, et de faire de vous et nous et de l’ensemble de nos frères des guides bien guidés. Certes Il entend tout et est proche. Et que la paix d’Allah soit sur vous ainsi que Sa miséricorde et Ses bénédictions.

Le président général du bureau des recherches scientifiques, des fatwas, de la prédication et de l’orientation religieuse.


Fatwa n°1563 / خ émise par le bureau de son Éminence le 18 avril 1990 -23.09.1410 de l’Hégire- [Recueil des fatwas et articles du chaykh Ibn Baz – 24/186].

Lien de la fatwa originale publiée sur le site de l’ancien grand mufti d’Arabie saoudite le chaykh Ibn Baz

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