L'Arabie saoudite en français

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Texte du roi Salman sur le wahhabisme et un aperçu de la généalogie des Saoud

Leurs Excellences Messieurs Mouhammad Al-Hashimi et Abd Al-Rahman Al-Fouraïh,

Que la paix d’Allah soit sur vous, ainsi que Sa miséricorde et Ses bénédictions.

J’ai suivi ce qui a été dit dans les débats des deux dernières émissions au sujet de l’histoire de l’État saoudien, et j’ai remarqué que certains sujets abordés méritaient des éclaircissements.

Premièrement, l’État saoudien a été fondé sur les bases du Coran et de la Sounna, et non pas sur des bases territoriales, tribales ou idéologiques. Ce pays a pour fondement la croyance islamique, et ce depuis plus de 270 ans, lorsque l’imam Mouhammad ben Saoud et le cheikh Mouhammad ben Abd Al-Wahhab -qu’Allah leur fasse miséricorde- s’allièrent afin de répandre l’Islam, et d’appliquer la loi d’Allah Le Très Digne et Le Tout Puissant.

Suite à la chute de la ville de Al-Dir’iyyah, l’historien français Mangin écrivit en 1823 dans son livre intitulé Histoire de l’Égypte sous l’ère de Mouhammad Ali, qu’il s’attendait au retour de l’État saoudien. Il déclarait alors : « Cependant ce pays … renferme en lui les graines de la liberté et de l’indépendance. Les principes religieux demeurent toujours tels quels, et ceci s’est manifesté à quelques reprises. Et bien que la famille Saoud se soit éparpillée et que le chaos se soit répandu entre les chefs, il y demeure toujours un terreau fertile, qui peut-être avec le temps et les événements le verra sortir de nouveau. »1

Dû aux fondements sur lesquels s’était donc construit l’État saoudien et ce à quoi il s’affilie, ceci lui a alors valu d’être attaqué par ses ennemis, depuis sa fondation jusqu’à nos jours. Pour cela, ces derniers lancèrent de fausses accusations contre l’appel à la réforme du cheikh Mouhammad ben Abd Al-Wahhab et déformèrent sa réalité, alors que celui-ci n’est à l’origine qu’un appel à l’Islam du Coran et de la Sounna.

C’est donc pour cette raison que certains termes virent le jour tel que celui de « wahhabisme », afin de déformer l’histoire et les principes de l’État saoudien, et de le rattacher à une secte qui apparut en Afrique du nord au 8e siècle par le biais de Abd Al-Wahhab ben Roustoum, secte qui fut connue pour avoir déviée de la croyance islamique et de la voie de notre Prophète Élu, que les éloges et la paix d’Allah soient sur lui.

Dans son livre intitulé Correction d’une erreur historique autour du wahhabisme2, le docteur Mouhammad ben Sa’d Al-Shouway’ar mit en lumière cette fausse affiliation qui avait pour but de déformer ce que fut cet appel à la réforme.

En 1946 à Mina, lors de la réception des chefs des représentants des pèlerins, le roi Abd Al-‘Aziz clarifia ce principe sur lequel se fonde l’Arabie saoudite en disant : « Ils disent que nous sommes wahhabis alors qu’en réalité nous sommes salafis. Nous préservons la pratique de notre religion, et nous suivons le Livre d’Allah et la Sounna de Son Messager. »3 C’est ce sur quoi se fonde donc l’Arabie saoudite depuis son apparition.

Nous aimerions donc bien savoir ici si une personne serait en mesure de nous montrer s’il y a quoique ce soit dans l’héritage laissé par le cheikh Mouhammad ben Abd Al-Wahhab qui ne viendrait pas du Livre d’Allah et de la Sounna de notre Prophète Élu, que les éloges et la paix d’Allah soit sur lui, et ce afin de démontrer la véracité de ces accusations et de ces prétentions ?

Deuxièmement, certains d’entre-eux abordèrent durant l’émission le sujet de Daham ben Dawwas [ndt : ancien gouverneur de la ville de Riyad ayant fait la guerre au premier État saoudien durant 27 ans], et le fait qu’il serait affilié à d’autres tribus, comme celles des Moutayr et ‘Aniza, alors que cheikh Hamad Al-Jasir avait rappelé que Daham ben Dawwas faisait parti des Cha’lan affiliés à la tribu des Al-Jalalil venant eux-mêmes des Banou Hanifa, et qu’il fut soutenu en cela par le cheikh Abd Allah Al-Bassam qui s’appuya sur ce qu’affirmèrent plusieurs généalogistes de la région du Najd.

Quant au fait de le lier aux Moutayr, ceci était dû au fait qu’un membre de la tribu des Al-Jalalil quitta cette dernière. Cet homme connu sous le nom de Moujalli chez les Al-‘Afassa des Moutayr, s’était alors apparenté aux Moutayr et s’était allié à eux, et de là il s’affilia à eux via cette alliance.

Ce dernier habitait donc Riyad, et dans cette ville il y réside toujours des familles des Banou Hanifa, comme les Doughaythar, les Houmoud, les Rays, les Zour’a, les Nimr, les ‘Asakir, et beaucoup d’autres encore qui sont connues pour être affiliées aux Banou Hanifa.

Troisièmement, les intervenants abordèrent la généalogie de la famille Saoud. Il a été dit qu’ils venaient des Banou Tamim, et ceci est faux. Ce qui les lie aux Banou Tamim c’est Nizar ben Ma’d ben ‘Adnan.

Certains d’entre-eux discutèrent de l’appartenance des Saoud à la tribu des ‘Aniza, et j’ai remarqué qu’il y avait ici une mauvaise compréhension quant à l’analyse de la généalogie de cette famille, du fait d’avoir écarté son appartenance aux ‘Aniza, ou d’avoir remis en cause le fait que les ‘Aniza appartiennent à la tribu des Waïl, et ceci est faux.

Selon les sources sûres, les Saoud viennent initialement des Al-Mourada qui appartiennent aux Banou Hanifa, et qui eux viennent des Bakr ben Waïl. Et leur grand-père est Jadila ben Asad, le frère de ‘Aniza ben Asad, dont le grand-père commun est Rabi’a. C’est ainsi que les ‘Aniza sont les cousins paternels des Saoud.

La tribu des Banou Hanifa s’étant sédentarisée, et dont il demeure encore de nos jours certaines familles n’étant plus nomades, ces familles s’apparentent donc aux ‘Aniza du fait que les ‘Aniza sont la branche principale restante des Rabi’a. La tribu des ‘Aniza, qui est le prolongement de la tribu des Rabi’a, gagna en popularité.

Et ce qui fut connu, c’est que les ‘Aniza viennent des Waïl, ceci car les anciens ‘Aniza intégrèrent la tribu des Bakr ben Waïl, et ainsi ils furent compris dans l’alliance tribale dite de Al-Lahazim. Tout comme certaines tribus des Bakr ben Waïl intégrèrent celle des ‘Aniza, et ainsi toutes les tribus s’apparentent finalement aux Waïl.

Et il bien connu que les tribus se mélangeaient auparavant les unes aux autres, et il ne manque pas d’exemples en cela. Vous avez par exemple des tribus des ‘Adnan qui intégrèrent des tribus des Qahtan, vice versa. C’est donc via ces fusionnements que les tribus des ‘Aniza s’affilièrent aussi aux Waïl, dans lesquels furent aussi intégrés beaucoup de tribus des Rabi’a, dont les Banou Hanifa.

C’est donc pour cela qu’il est dit que les Saoud viennent des ‘Aniza du fait qu’ils soient les cousins paternels des Banou Hanifa, et qu’ils s’apparentent tout comme eux aux Waïl de par les fusions tribales passées.

La tribu des ‘Aniza fait partie des grandes tribus dont l’histoire est connue, et le fait qu’elle s’affilient aussi aux Waïl à cause des intégrations tribales passées, ceci est aussi bien connu.

Ainsi tout ceci ne contredit aucunement le fait que les Saoud viennent des Banou Hanifa. Et si l’on me posait personnellement la question, je répondrais que je fais parti des Banou Hanifa, venant des Bakr ben Waïl, de la tribu des ‘Aniza, du fait de la fusion entre les deux tribus.

Il y a aussi un certain nombre d’historiens qui affirmèrent que les Saoud appartiennent aux Banou Hanifa. Et parmi eux, il y a entre autres Ibn ‘Issa, mort en 1343 de l’hégire -1924 ap. J.-C.-, et qui dit en parlant des événements survenus en 850 de l’hégire : « En cette année, Mani’ ben Rabi’a Al-Mouraydi [ndt : ancêtre des Saoud ayant fondé la ville de Al-Dir’iyyah en 1446 ap. J.-C.-] et son fils Rabi’a vinrent des terres de la tribu des Al-Dourou’, connues sous le nom de Al-Dir’iyyah et se situant vers la ville de Al-Qatif, afin de rejoindre le chef de la tribu des Al-Dourou’ dans la vallée de Hanifa. Il y avait une certaine proximité entre eux car les deux s’affiliaient à la tribu des Banou Hanifa. Le chef des Al-Dourou’ donna alors à Mani’ ben Rabi’a Al-Mouraydi les terres dites de Al-Moulaybid et Ghousayba, et sur lesquelles Mani’ et sa descendance s’installèrent et qu’ils peuplèrent. Et ce qui se trouvait au-delà des terres de Al-Moulaybid et Ghousayba appartenait à la tribu des Yazid des Banou Hanifa … et cetera. »4

Ibn ‘Issa exprima également cela en parlant de la mort de l’imam Faysal ben Tourki en déclarant : « En cette année -c’est-à-dire en l’an 1282 de l’hégire-, alors qu’il restait encore neuf jours pour que le mois de Rajab ne finisse, mourut l’imam Faysal ben Tourki ben Abd Allah ben Mouhammad ben Saoud ben Mouhammad ben Mouqrin ben Markhan ben Ibrahim ben Moussa ben Rabi’a ben Mani’ ben Rabi’a Al-Mouraydi. Et les Al-Mourada sont issus des Banou Hanifa … et cetera. »5

Quand le royaume d’Arabie saoudite vit le jour au milieu du 12e siècle de l’hégire -18e ap. J.-C.-, ce dernier ne s’était pas fondé sur des notions tribales. Et quand le roi Abd Al-‘Aziz fonda de nouveau ce pays, il ne s’appuya aucunement sur sa base tribale pour cela, ceci car la légitimité de ce pays, depuis son existence jusqu’à nos jours, a pour fondements le Coran et la noble Sounna prophétique.

La fondation du roi Abd Al-‘Aziz pour la recherche et les archives dispose d’une étude sur l’origine de la famille saoudienne. Cette étude est détaillée, et il n’est évidemment pas possible de la détailler ici. Cette étude a été menée par la collaboration d’une équipe de chercheurs et de généalogistes avec qui je me suis réunis, et avec qui j’ai personnellement débattus. Cette étude menée sous ma direction viendra éclaircir d’un point de vue scientifique tous les avis et ainsi que leurs sources, et sera à terme un document de référence.

Et ce qui est voulu des chercheurs et des personnes qui portent de l’intérêt à ce sujet de manière générale, c’est de s’écarter de tout clanisme lors des différents, ou d’utiliser des termes non scientifiques. Et l’idée qu’il y aurait des courants qui œuvreraient contre telle ou telle tribu, ceci n’est pas vrai. Il n’y a aucune interdiction à avoir des points de vues divergents, et le débat est apprécié si le but est d’atteindre la vérité.

Je vous remercie ainsi que tous les participants pour l’attention que vous accordez.

Veuillez bien accepter mes salutations.

Écrit par le roi Salman ben Abd Al-‘Aziz [émir de Riyad lors de sa rédaction].

Lien du texte original publié le 25 avril 2008 sur le quotidien saoudien Al-Riyadh [arabe]

 


 

1. Félix Mangin in Histoire du premier État saoudien et des campagnes militaires de Mouhammad Ali Pacha dans la péninsule arabique. Publié par la fondation du roi Abd Al-‘Aziz pour la recherche et les archives à Riyad en 2006. Page 188.

2. Mouhammad ben Sa’d Al-Shouway’ar in Correction d’une erreur historique autour du wahhabisme. Riyad. 1992.

3. Discours du roi Abd Al-‘Aziz lors de la célébration à Mina des chefs des représentants des pèlerins le 03 novembre 1946 in Discours royaux, première partie. Publié par la fondation du roi Abd Al-‘Aziz pour la recherche et les archives à Riyad en 1998. Page 148.

4. Cheikh Ibrahim ben Salih ben ‘Issa in Histoire de certains incidents survenus dans le Najd, et décès de certains chefs ainsi que leurs filiations, et construction de certains pays de l’an 1300 à 1921. Première édition datant de 1966. Page 36.

5. Cheikh Ibrahim ben Salih ben ‘Issa in Histoire de certains incidents survenus dans le Najd, et décès de certains chefs ainsi que leurs filiations, et construction de certains pays de l’an 1300 à 1921. Publications de la fondation Al-Yamama. Première édition datant de 1966. Page 36 et 177.

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