L'Arabie saoudite en français

Entre communiqués officiels, déclarations authentiques & informations certifiées !

Entretien du roi Abd Al-Aziz Al Saoud en 1943 avec le magazine américain Life au sujet de la Palestine

Au sujet de la question palestinienne et de l’union arabe

Visite du représentant du magazine américain Life à Sa Majesté le Roi à Riyad.

En mars dernier, le représentant du magazine américain Life, monsieur Bush, demanda à être présenté devant Sa Majesté le Roi. Ceci lui fut donc accordé, et il saisit l’occasion pour s’entretenir avec Sa Majesté à Riyad le 21 mars 1943. Nous présentons donc ici les réponses formulées par Sa Majesté à l’encontre du représentant du magazine.

Couverture du magazine américain Life. Édition du 31 mai 1943 intitulée "Ibn Saud, Life le visita en Arabie".

Couverture du magazine américain Life. Édition du 31 mai 1943 intitulée « Ibn Saud, Life le visita en Arabie ».

Le représentant demanda à Sa Majesté le Roi son avis au sujet de la Palestine. Sa Majesté répondit ce qui suit : « Je n’ai pas encore exprimé aux Arabes mon avis au sujet de la Palestine, et ce afin de leur éviter d’être dans une situation délicate avec les Alliés. Mais étant donné votre visite et que vous êtes nos amis, j’ai alors aimé vous faire part de mon opinion afin que le peuple américain ami comprenne la réalité.

Premièrement, je ne connais aucune chose qui puisse justifier les réclamations des Juifs en Palestine. Et ce car bien avant la révélation de l’Islam, la Palestine qui a appartenu aux enfants d’Israël, fut par la suite sous la domination des Romains qui les tuèrent et les dispersèrent, au point où il ne resta plus aucune trace de leur autorité en Palestine. Puis les Arabes s’y installèrent et la prirent aux Romains depuis plus de 1300 ans, et elle appartient depuis aux musulmans. Et de là, il apparaît que ce prétexte des Juifs est faux. Chaque pays du monde a vu des peuples se succéder au fil de son histoire. Et chaque peuple conquérant faisait de ces terres son propre pays, et ce de manière incontestée. Et si nous devions interpréter cette conception des Juifs, il faudrait alors comprendre que beaucoup de peuples du monde devraient quitter le pays dans lequel ils sont actuellement, y compris la Palestine.

Deuxièmement, je ne crains pas les Juifs, qu’ils aient un pays ou gèrent une autorité, que ça soit dans un pays arabe ou ailleurs. Et ce, conformément à ce que nous a informé notre Maître élevé soit-Il dans Son Noble Livre, par le biais de Son Messager.

Interview du roi Abd Al-Aziz Al Saoud sur la Palestine dans le magazine américain Life [page 77].

Interview du roi Abd Al-Aziz Al Saoud sur la Palestine dans le magazine américain Life [page 77].

Je vois également comme étant une erreur que les Juifs s’accrochent à ce pays, et cela pour deux raisons. La première, c’est que ceci représente une injustice envers les Arabes et les musulmans de manière générale. Et deuxièmement, car ceci engendrera des troubles et des tensions entre les musulmans et leurs amis les Alliés, et il n’y a rien de bon en cela. Et puis si les Juifs étaient contraints à chercher un autre lieu où vivre, alors l’Europe, l’Amérique et d’autres endroits sont certainement plus vastes, plus fertiles et plus disposés pour leurs intérêts, que la Palestine. Ce serait donc cela la justice, et il n’y a aucun bien à ce que les Alliés et les musulmans entrent dans un conflit inutile.

Quant aux Juifs étant déjà en Palestine, je pense que les Arabes devraient trouver un accord avec leurs amis afin de préserver les intérêts de ces Juifs, et ce, à condition que ces Juifs ne fassent pas de choses pouvant causer des révoltes et des troubles qui ne seraient bon pour personne. Ils doivent aussi s’engager, avec la garantie des Alliés, qu’ils n’useront pas de leur grande puissance financière pour acheter les propriétés des Arabes, qui représentent toute leur vie, et ce afin que ces Juifs arrivent à leurs buts. Ceci serait une grande perte et un grand mal qui toucherait les Palestiniens, et qui aurait comme conséquence pour eux la pauvreté et leur disparition, donnant ainsi lieu à d’autres problèmes. Quant aux Arabes, ils reconnaîtraient les droits fondamentaux de ces Juifs, et ils s’engageraient à les respecter ».

Interview du roi Abd Al-Aziz Al Saoud sur la Palestine par le magazine américain Life, dans le journal mecquois Oumm Al-Qora, le 8 Jumada Al-Thaniyya 1362 correspondant au 11 juin 1943.

Interview du roi Abd Al-Aziz Al Saoud sur la Palestine par le magazine américain Life, dans le journal mecquois Oumm Al-Qora, le 8 Jumada Al-Thaniyya 1362 correspondant au 11 juin 1943.

Puis le représentant du magazine demanda à Sa Majesté son avis sur l’unité arabe. Sa Majesté lui répondit donc ce qui suit : « Il n’y a pas de désaccord entre les Arabes. Et je pense qu’après la guerre, ils seront unis avec le soutien des Alliés ».

Signé : Le chef du cabinet royal

Lien de l’entretien publié dans le journal mecquois Oumm Al-Qora sur le site de la Fondation du roi Abd Al-Aziz pour la recherche et les archives

Lien de l’édition du 31 mai 1943 du magazine américain Life en ligne sur Google Livres


P. S. : Afin de compléter la compréhension de certain-e-s coreligionnaire-s portant un certain intérêt aux annulatifs de l’Islam et à la politique étrangère, voici ci-dessous l’explication d’un savant sunnite sur le sujet de l’amitié dans les relations étrangères entre dirigeant musulman et non-musulman.

« Le véritable amour n’est pas forcément l’amour que l’on montre. Montrer extérieurement de l’amour, par des paroles ou des actes, n’implique pas forcément qu’il-y-a cet amour dans le cœur. Si le musulman se trouve dans un pays non-musulman, et qu’il a peur des non-musulmans et qu’ils lui fassent du mal, et que par conséquent il leur montre qu’il les aime alors qu’ils ne les porte pas dans son cœur, il n’y a donc aucun mal en cela car il cherche à se protéger de leur mal, tout en ayant aucun amour pour eux.

Et si ceci concerne un intérêt personnel, il en est de même pour un intérêt général pour la communauté musulmane. Comme par exemple un dirigeant musulman qui écrit à un dirigeant non-musulman en lui disant « qu’il l’aime », ou « à vous notre ami », ou d’autres formules de ce genre étant une politesse exprimée oralement, alors qu’il ne porte pas les non-musulmans dans son cœur. Ceci n’est donc pas de la mécréance, mais c’est plutôt autorisé en la présence de raisons valables. Et le fait de tout mélanger, ceci a poussé beaucoup de jeunes à sombrer dans l’extrémisme en déclarant mécréant sans raison valable, et de là à basculer dans les attentats et le chaos. Alors que si vous montrez que les situations ne se ressemblent pas toutes, et que chaque chose est remise à sa place, alors les choses rentrent dans l’ordre et notre religion demeure préservée. »

Lien de l’explication de l’épître des annulatifs de l’Islam du cheikh et grand savant Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab, par le cheikh et savant Soulaiman Al-Rouhayli étant professeur des études supérieures à l’université islamique de Médine, titulaire d’une chaire universitaire de la Fatwa dans la même université, enseignant dans la mosquée du Prophète à Médine, et conseiller du directeur général du comité pour le commandement du bien et l’interdiction du mal [ minutes 28.40 à 30.45 ]

(Visited 299 times, 1 visits today)