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L’imam Mohammad ibn ‘Abd al-Wahhab, son prêche et sa biographie 1

Louange à Allah, Seigneur de l’Univers, et que les prières, la paix et les bénédictions d’Allah soient sur Son serviteur, Son messager et la meilleure de Ses créatures, notre maître et notre Prophète Mohammad ibn `Abd-Allah, sa famille, ses compagnons et ceux qui l’ont suivi.

Chers honorables frères! chers enfants! Je vous présente cette brève conférence dans le but d’illuminer vos esprits, vous expliquer des vérités, vous conseiller pour Allah, et accomplir une partie du devoir du conférencier vis-à-vis de son auditoire. Le titre de cette conférence est : « Le Cheikh l’Imam Mohammad ibn `Abd-Al-Wahhâb, sa Da`wa et sa biographie».

Parler des réformateurs, des prédicateurs et des rénovateurs, rappeler leur vie, leur bon comportement et leurs glorieuses actions, expliquer leur biographie qui révèle leur sincérité et leur honnêteté sur le chemin de la Da`wa et de la réforme, est un thème qui captive les esprits et apaise les cœurs. Celui qui est jaloux pour sa religion, celui qui désire la réforme et l’appel à la voie de la vérité sera certainement attentif. J’ai trouvé opportun d’évoquer un grand homme, un réformateur éminent et un prédicateur jaloux pour sa religion. Il s’agit du Cheikh rénovateur de l’Islam en Arabie au 12ème siècle de l’Hégire, l’Imam Mohammad ibn `Abd-Al-Wahhâb ibn Soulaymân ibn `Alî At-Tamimî Al-Hanbalî .
Nombreux sont ceux qui ont connu cet Imam, notamment parmi les savants, les dirigeants, les personnalités et les notables de l’Arabie et en dehors de l’Arabie.

Le Cheikh a fait l’objet de nombreux écrits allant des plus brefs articles jusqu’aux livres entièrement dédiés à lui. Même les orientalistes ont longuement écrit sur l’Imam. D’autres auteurs s’intéressant à la vie des réformateurs et à l’histoire, l’ont cité dans leurs livres. Parmi ces auteurs, nombreux sont ceux qui lui ont rendu hommage en le décrivant comme grand réformateur et rénovateur de l’Islam et ont affirmé qu’il était guidé par la lumière d’Allah.

Le grand auteur Abou Bakr Ach-Chaykh Housayn ibn Ghanâm Al-‘Ahissâ’î fait partie de ces auteurs. Il a écrit un livre sur l’Imam Ibn `Abd-Al-Wahhâb, un ouvrage complet et utile racontant en détail sa vie et ses expéditions. Aussi, il a rapporté un nombre important de ses lettres et de ses conclusions tirées du Coran, le Livre d’Allah l’Exalté. Parmi ces auteurs honnêtes, `Othmân ibn Bichr, auteur du livre « `Onwân Al-Madjd », qui a écrit sur la biographie du Cheikh, sa Da’wa, les dates marquant sa vie, ses expéditions et son Djihad. De l’extérieur de l’Arabie, on décompte Ahmad Amîn qui a parlé de lui avec équité dans son livre « Zo`amâ’ Al-‘Isllâh » (les meneurs de la réforme). On trouve aussi le grand Cheikh, Mas`oud An-Nadawiyy, qui a su parfaitement raconter sa vie et l’a nommé « le réformateur opprimé ». Il en existe d’autres, comme le grand Cheikh l’Emir Mohammad ibn ‘Ismâ`îl As-Sana`ânî qui a vécu à son époque et dès qu’il avait pris connaissance de la Da’wa du Cheikh, il en avait été ravi, en avait remercié Allah et lui avait apporté son soutien.

Le grand érudit le Cheikh Mohammad ibn ‘Alî Ach-Chawkânî, auteur du livre « Nayl Al-‘Awttâr », a écrit une longue élégie sur l’Imam. En plus de ces écrivains, de nombreux savants et lecteurs l’ont évoqué. Etant donné que beaucoup de gens ne connaissent pas cet homme, sa vie et sa Da’wa, j’ai voulu contribuer à le faire connaître, à faire connaître son caractère, son bon comportement, son honnête Da’wa, son sincère Djihad, et à exposer une partie de ce que je connais de son parcours, dans le but d’effacer toute confusion ou doute envers cet homme ou envers sa Da’wa et sa vie.

Il est connu que l’Imam, qu’Allah lui fasse miséricorde, est né en 1115 de l’Hégire. On dit aussi qu’il est né en 1111, la première date restant la plus plausible. C’est de son père qu’il prit ses premiers enseignements. Il vécut dans un petit village appelé Al-`Oyyayna, sa terre natale. C’est un village connu, situé à Al-Yamâma, dans Le Nedjd, au nord-ouest de Riyad , à une distance de de 70 km.

Il reçut une éducation vertueuse. Il apprit tôt le Coran et fut doué dans l’apprentissage et la compréhension de la religion grâce à son père, le Cheikh `Abd-Al-Wahhâb ibn Soulaymân, grand juriste, savant respectable et juge du village d’ Al-`Oyyayna. Après avoir atteint l’âge de la puberté, il accomplit le pèlerinage (al-Hadj) et visita La Maison Sacrée, et étudia auprès des savants de la Mosquée Sacrée. Ensuite, il se dirigea vers Médine (demeure du Prophète Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) où il y rencontra des savants et y demeura un certain temps. Il étudia auprès de deux grands savants connus de Médine à cette époque-là : le Cheikh `Abd-Allah ibn ‘Ibrâhîm ibn Sayf An-Nadjdî, originaire de la région de Al-Madjma`a, père du Cheikh ‘Ibrâhîm ibn `Abd-Allah et auteur de « Al-‘Adhb Al-Fâ’id fi `ilm Al-Farâ’id ». Il étudia également auprès du grand Cheikh, Mohammad Hayât As-Sindî à Médine. A l’exception de ces deux fameux savants de Médine, on ne sait pas s’il a étudié auprès d’autres.

Le Cheikh se dirigea ensuite, dans sa recherche de la science, vers l’Irak et s’installa à Bassorah. Il rencontra les savants de la région et prit de leur science. Il appela les gens à l’Unicité d’Allah et à la Sunna, et leur démontra que le devoir de tout Musulman était de prendre leur religion du Livre d’Allah et de la Sunna de son Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam). Il étudia longuement cette question et en débattit avec les savants de l’Irak. Certains des mauvais savants de Bassorah se soulevèrent contre lui et lui portèrent préjudice à lui et à son maître, le Cheikh Mohammad Al-Madjmoû`î. Il quitta donc Bassorah et voulut aller en Syrie, mais il ne put y aller, faute d’argent. Il sortit de Bassorah alla vers Az-Zobayr, puis d’Az-Zobayr à Al-‘Ahsâ’ où il rencontra les savants de cette région et discuta avec eux autour de certains principes de la religion. Ensuite, il partit au village Huraimalâ’, vers la cinquième décennie du 12ème siècle, pour y rejoindre son père, qui était juge à Al-`Oyyayna. Mais, suite à un conflit avec l’émir, il partit à Huraimalâ’, en 1139 de l’Hégire. Le Cheikh Mohammad rejoignit son père à Huraimala (après son arrivée en 1139 de l’hégire). Il arriva à Huraimalâ’ vers l’année 1140 H (ou la suivante). Il y demeura et se consacra à la science et à la Da’wa à Huraimalâ’ jusqu’à la mort de son père en 1153. Après ce décès, des habitants de Huraimala lui portèrent préjudice. On raconte même que des scélérats faillirent le tuer : ils escaladèrent le mur entourant sa maison mais ils prirent la fuite lorsque des gens les aperçurent. Suite à ces évènements, le Cheikh partit à Al-`Oyayyna (qu’Allah lui fasse miséricorde).
Ce qui provoqua la colère de ces misérables, c’est que le Cheikh ordonnait le bien et condamnait le mal, incitait les émirs à punir les criminels qui agressaient les gens, volaient leurs biens, les pillaient et les maltraitaient. On appelait ces mesquins « les esclaves ». Lorsque ces derniers surent que le Cheikh les contrariait, qu’il n’approuvait pas leurs actes et qu’il incitait les émirs à les punir et à contrer leur mal, ils furent furieux contre lui et voulurent le tuer, mais Allah le préserva. Il partit donc à la ville d’ Al-`Oyayyna dont l’Emir de l’époque, `Othmân ibn Nâsir ibn Mo`ammar, le reçut, l’accueillit avec hospitalité et lui dit : « Accomplis ton appel à Allah, on est avec toi et on te soutient ». L’émir témoigna de la bienfaisance, de l’amour et de l’approbation envers sa Da`wa.

Le Cheikh se consacra à l’enseignement, au conseil, à la Da`wa, à l’orientation des gens, hommes et femmes, vers le bien et vers l’amour pour Allah. Il devint si célèbre que les gens venaient le voir des villages avoisinant Al-`Oyayyna. Un jour, le Cheikh dit à l’Emir `Othmân : « Ô `Othmân, détruisons le dôme de Zayd ibn Al-Khattâb (Qu’Allah soit satisfait de lui), car il a été construit sans guidée, et Allah l’Exalté, n’est sûrement pas satisfait de cet acte, et le Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) a mis en garde contre la construction de mosquées au-dessus des tombes. Ce dôme a tenté les gens et transformé leurs croyances, ce qui a fait répandre le polythéisme, donc il faut le détruire. ^ L’émir répondit : « Je n’y vois pas d’inconvénient », alors le Cheikh dit : « Je crains la révolte des gens de Jbila ( Jbila est un village situé près de la tombe). `Othmân sortit avec une armée de 600 combattants pour détruire le dôme. Le Cheikh (qu’Allah lui fasse miséricorde) était parmi eux. Ayant appris que l’armée s’approchait du dôme, les habitants de Jbila sortirent pour le protéger et le défendre. Mais lorsqu’ils virent l’émir `Othmân et son armée, ils battirent en retraite. Le Cheikh le détruisit et le rasa totalement. Allah l’Exalté, a anéanti ce dôme par le biais du Cheikh, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Maintenant, évoquons brièvement la situation de Nedjd avant la Da’wa du Cheikh (Qu’Allah lui fasse miséricorde) ainsi que les questions qui faisaient l’objet de son appel.
Nadjd était, avant la Da`wa du cheikh, dans un si mauvais état qu’aucun croyant ne pouvait le tolérer. Le grand polythéisme était apparu et s’était répandu au point que les gens avaient commencé à adorer les dômes, les arbres, les pierres, les grottes. Des personnes prétendaient être saints et étaient adorés au lieu d’Allah, alors qu’ils étaient fous, aliénés. Les voyants et les sorciers devenaient célèbres au Nedjd, les gens les sollicitaient et croyaient à leurs discours. Personne ne reniait leurs actes, sauf celui qu’Allah avait épargné. Les gens étaient préoccupés par la vie d’ici-bas et ses passions. Quand à ceux qui se soulevèrent pour Allah et soutinrent Sa religion, ils furent infimes. De même, pour les Deux Saintes mosquées et le Yémen où se répandit le polythéisme, la construction de dômes au-dessus des tombes, l’invocation des saints et l’imploration de leur secours. Au Yémen, le polythéisme était extrêmement présent, ainsi que dans les villages de Nedjd. On adorait des tombes, des grottes, des arbres, des aliénés, etc.., au lieu d’Allah. On les adorait, aux côtés d’Allah et on implorait leur secours. Les habitants de Nedjd imploraient également les djinns et leur demandaient de l’aide. On leur faisait des sacrifices que l’on posait dans les recoins des maisons en croyant qu’ils protégeaient et épargnaient du mal.

Quand l’Imam se rendit compte de la propagation du polythéisme parmi les gens, et l’absence de personnes qui reniaient ces agissements et appelaient à la voie d’Allah, il retroussa ses manches et endura en cela. Il savait qu’il fallait s’armer de patience et d’endurance contre ces mauvaises choses. Il se consacra donc à l’enseignement et à l’orientation vers le bon chemin. Il était encore résidant à Al-`Oyyayna quand il écrivit aux savants des autres villes et débattit avec eux en espérant leur soutien pour la religion d’Allah. Plusieurs parmi les savants de Nedjd, des Deux Saintes Mosquée, du Yémen et d’autres pays, répondirent à son invitation et lui accordèrent leur approbation. Quant aux autres, ils le contrarièrent, désapprouvèrent son appel, le critiquèrent sévèrement et l’abandonnèrent. Ces derniers se divisèrent en deux catégories : les ignorants superstitieux qui ne connaissaient ni la religion d’Allah ni Son Unicité mais suivaient la voie de l’ignorance, de l’égarement, de l’association, de l’innovation et des allégories inventées par leurs parents et ancêtres. Allah dit de ces gens : « Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion, et nous nous guidons sur leurs traces ». La deuxième catégorie : ceux qui se considéraient comme étant des « gens de science». Ils dénièrent le Cheikh par contestation, par envie et de peur qu’on leur dise : « Pourquoi n’avez – vous pas renié ces actes ? Pourquoi Ibn `Abd-Al-Wahâb s’est-il dressé contre cela et défendu la voie de la vérité, alors que vous, vous n’avez pas renié ces mauvaises choses ? ». Ils le jalousèrent et eurent honte des gens. Ils s’obstinèrent contre la vérité, en préférant la vie d’ici-bas à l’au-delà, ayant pris pour exemple les Juifs qui favorisaient ce bas-monde à la vie de l’au-delà. Qu’Allah nous en préserve.

Quant au Cheikh, il patienta et s’adonna à la Da’wa. Il fut encouragé par des savants et des notables de l’intérieur et de l’extérieur de l’Arabie. Il mit en œuvre tous ses efforts et demanda de l’aide à Allah l’Exalté. Avant cela, il se consacra au Coran, contribua efficacement à son exégèse et en retira des enseignements. Il s’intéressa à la vie du Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) et à la vie de ses compagnons. Avec de la persévérance et de la méditation, et avec l’aide de ses partisans, il atteignit son objectif.
Allah lui envoya des hommes qui le soutinrent et l’aidèrent, jusqu’à ce que la religion d’Allah reprenne le dessus et que les paroles d’Allah furent les plus hautes. Le Cheikh poursuivit sa Da`wa à Al-`Oyyayna, à travers l’enseignement et la guidée vers le bien. Ensuite, il passa à l’acte et effaça ce qui restait du polythéisme. Quand il vit que la Da’wa verbale ne portait pas ses fruits, il entreprit des actions afin d’effacer ce qui restait des traces de l’association. Il proposa alors à l’Emir : `Othmân ibn Mo`ammar : « Il faut détruire le dôme construit sur la tombe de Zayd « . (Zayd ibn Al-Khattâb -Que la satisfaction d’Allah soit sur lui- fut le frère d’ `Omar ibn Al-Khattâb, l’Emir des croyants, qu’Allah soit satisfait d’eux, parmi les martyres tués dans le combat contre Mousaylima l’imposteur en l’an 12 de l’hégire). On avait sur sa tombe un dôme. Peut être, était-elle la tombe d’un autre, mais c’était, très probablement, la tombe de Zayd. `Othmân, comme nous avons cité ci-dessus, accepta la proposition du Cheikh et le dôme fut détruit. Aujourd’hui, il ne reste aucune trace de ce dôme, louange et grâce à Allah. Allah l’a anéanti parce que derrière cette destruction, se dissimulent une intention vertueuse, une volonté honnête et une vérité soutenue. Il y avait d’autres tombes, dont une qu’on supposait être la tombe de Ddirâr ibn Al-‘Azwar un dôme avait été bâti au-dessus d’elle, et détruit par la suite. Ce n’était pas les seuls sites qu’Allah, l’Exalté, a anéantis. On adorait également des grottes et des arbres au lieu d’Allah, Exalté soit-Il; ils furent tous détruits et les gens furent mis en garde.

Bref, le Cheikh poursuivit sa Da`wa, par les paroles et les actes, comme on l’a dit précédemment. Une femme vint voir le Cheikh et reconnut devant lui avoir commis l’adultère plusieurs fois. Il se renseigna sur son état mental; on lui dit qu’elle était sensée et saine d’esprit. La femme, mariée, persista sur son aveu, ne revint pas sur ses paroles, et ne les prononça ni sous l’effet de la force ni sur la base d’un doute. Le Cheikh, juge d’Al-`Oyyayna , ordonna de la lapider, et la sentence fut exécutée. Suite à cette affaire, il fut célèbre notamment pour la destruction des dômes, la lapidation de la femme, la grande Da’wa pour Allah, et l’immigration des gens vers Al-`Oyyayna .

Les nouvelles du Cheikh atteignirent l’émir d’ Al-‘Ihsâ’ et ses environs ( parmi les Banou Khâlid), Soulaymân ibn `Orayr Al-Khâlidî. Quand il apprit que l’Imam appelait les gens à Allah, détruisait les dômes et se conformait aux ordres d’Allah, cet émir bédouin n’apprécia guère cela, car les bédouins, sauf ceux qu’Allah a guidés, sont connus pour leurs transgressions, leurs tueries et leur déloyauté. Il eut peur que le Cheikh devint plus célèbre encore et anéantisse son pouvoir. Il écrivit à `Othmân, en le menaçant et lui ordonnant de tuer le Cheikh, qui résidait chez lui à Al-`Oyyayna et dit : « Nous avons appris que le religieux qui est sous votre protection a fait ceci et cela. Soit vous le tuez, soit nous gardons l’argent que nous vous devons !!! » C’est qu’il devait à `Othmân une grosse quantité d’or. `Othmân prit ainsi peur de cet émir et craignit que s’il le contrariait, celui-ci interrompe le paiement et le combatte. Il informa le Cheikh de la menace de l’Emir et lui déclara qu’il craignait cet Emir et ne pouvait pas le combattre et qu’il valait mieux qu’il quitte la ville. Le Cheikh répondit : « J’appelle à la religion d’Allah et la réalisation de « Il n’y a de divinité en droit d’être adorée qu’Allah et Mohammad est le messager d’Allah». Celui qui s’attache à cette religion et la soutient en étant sincère, Allah le soutiendra et lui accordera le pouvoir sur ses ennemis. Si tu patientes et suis le droit chemin, et si tu optes pour ce bien, je t’annonce la bonne nouvelle : Allah te donnera la victoire et te protègera de ce bédouin et des autres, et grâce à Allah, tu prendras possession de son pays et de sa tribu ». `Othmân dit : « Ô Cheikh, on ne peut ni le combattre ni le contrarier ». Alors, le Cheikh quitta Al-`Oyyayna et se dirigea vers Dar`iyya. On dit qu’il fit le voyage à pied et qu’il sortit le matin et y arriva en fin de journée. Et ce ne fut pas `Othmân qui prit en charge le voyage. Un parmi les meilleurs hommes de la ville, dénommé Mohammad ibn Souwaylîm Al-`Oraynî, le reçut. Il logea chez lui. On dit que cet homme eut peur de le loger chez lui, et fut très désemparé et craignit l’émir de Dar`iyya, Mohammad ibn Sa`oud , mais le Cheikh le rassura et lui dit : « Attends-toi au bien, j’appelle les gens à la religion d’Allah, Qui va certainement nous soutenir ».

Mohammad ibn Sa`oud fut informé de l’arrivée du Cheikh Mohammad. On dit que celle qui l’informa fut sa femme. Certains vertueux vinrent la voir et lui dirent : « Informe Mohammad de l’arrivée de cet homme, encourage-le à accepter sa Da`wa et incite-le à le soutenir et à l’aider ». C’était une femme vertueuse; alors, elle dit à son mari, Mohammad Ibn Sa`oûd, l’émir de Dar`iyya : « Je t’annonce une bonne nouvelle et un précieux cadeau qu’Allah t’a envoyé. Il s’agit d’un prêcheur qui appelle à Allah, au Livre d’Allah et à la Sunna du Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam). Quel présent ! Accepte-le et soutiens-le et ne refuse guère ». L’Emir accepta son conseil, puis hésita entre aller le voir et l’inviter chez lui. D’après certains rapporteurs, sa femme et quelques vertueux le conseillèrent et lui dirent : « Cela ne se fait pas de l’inviter chez vous; il est préférable d’aller le voir chez lui, ainsi tu glorifieras la science et celui qui prêche le bien ».

Il accepta, grâce à Allah qui lui décréta le bonheur et le bien, qu’Allah lui fasse miséricorde. Il alla voir le Cheikh chez Mohammad ibn Sowaylim, l’embrassa et discuta avec lui. Il dit au Cheikh : « Ô Cheikh Mohammad réjouis toi de cette bonne nouvelle! tu auras le soutien, la sécurité et l’assistance ». L’Imam lui répondit alors : « Et à toi, j’annonce le soutien d’Allah, Son support et la bonne fin. C’est la religion d’Allah, celui qui la soutient, Allah le soutiendra, et tu verras les conséquences de ton geste très vite». Il dit : « Ô Cheikh, je vous fais le pacte de me conformer à la religion d’Allah et de Son prophète et le Djihad pour Allah, mais j’ai peur qu’après vous avoir soutenu, et que la religion d’Allah soit la plus forte grâce à Allah, vous quittiez notre terre pour aller dans une autre ville ». Le Cheikh dit : « Ce n’est aucunement mon intention, j’accepte votre pacte, et je vous promets que le principe qui sera appliqué sera « sang contre sang », et « destruction contre destruction ». Je ne quitterai jamais votre ville ». Ainsi, il promit à l’émir son soutien et sa résidence dans la ville, en sa compagnie pour l’assister et accomplir avec lui le Djihad pour Allah, jusqu’à ce qu’Allah fasse vaincre Sa religion. C’est pour cette cause que le pacte fut approuvé.

Les gens vinrent de partout à Dar`iyya: de Al-`Oyyayna , `Arqa, Manfoûha et Riyad ainsi que d’autres villes voisines. Ils apprirent les nouvelles du Cheikh et ses cours à Dar`iyya, ainsi que sa Da’wa pour Allah et sa guidée vers Lui. Ils venaient seuls ou en groupes à Dar`iyya. Le Cheikh résida donc honoré, soutenu, aimé et supporté. Il donnait des cours à Dar`iyya sur les doctrines, le Saint Coran, l’exégèse, le Fiqh (jurisprudence islamique), le Hadith et sa terminologie, l’arabe, l’historiographie, aux côtés d’autres sciences utiles. On venait le voir de partout. Les jeunes de Dar`iyya et des autres villes apprenaient auprès de lui. Il organisait de nombreux cours, collectifs ou particuliers. Il diffusa sa science à Dar`iyya, et poursuivit la Da’wa. Ensuite commença le Djihad. Il écrivit alors aux gens à ce sujet, et au sujet de la lutte contre le polythéisme répandu dans leurs villes. Il commença par les gens de Nedjd : il écrit à ses Emirs et savants; il écrit également aux savants de Riyad et à son Emir, Dahâm ibn Dawâs, aux savants d’ Al-Khardj et ses Emirs et aux savants des villes du Sud et de Al-Qossaym, Hâ’il, Al-Wachm, Sadîr, etc. Il persista à écrire aux savants et aux émirs, comme ceux d’ Al-‘Ihsâ’ et des Deux Saintes Mosquées. A l’étranger : les savants de l’Egypte , de Syrie, d’Irak, d’Inde , du Yémen et autres. Il continuait à écrire aux gens, à établir les preuves et à mettre les gens en garde contre le polythéisme et l’innovation dans lesquels beaucoup de personnes étaient tombées. Ceci ne signifie pas qu’il n’ y avait pas des gens qui soutenaient la religion d’Allah; certes, il y avait des partisans, car Allah l’Exalté a garanti à cette religion ses défenseurs. « Dans cette communauté, il restera toujours un groupe sur la vérité », comme a dit le Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam). Certes, il y avait des défenseurs de la vérité dans la plupart des pays. Parlons maintenant de Nedjd : il y régnait le mal, la corruption, le polythéisme, les mythes, dont seul Allah l’Exalté connaît l’ampleur. Il y avait des savants du bien, mais Allah n’avait pas décrété la réussite à leur Da`wa. Il y avait aussi, au Yémen et dans d’autres pays, des prédicateurs de la vérité et des partisans qui combattirent l’association et les superstitions mais Allah n’avait pas décrété l’expansion de leur Da`wa, comme Il l’a décrétée à celle du Cheikh Mohammad pour plusieurs raisons : ils n’avaient pas de partisans pour les aider, ils manquaient de patience et d’endurance pour Allah envers le mal et ne possédaient pas la science utile pour orienter les gens. Ils n’avaient pas la manière adéquate, les propos convenables, la sagesse et le bon conseil, etc.

Grâce à ses multiples correspondances, lettres et combats, le Cheikh devint célèbre, sa Da’wa se répandit, et ses lettres atteignirent les savants à l’intérieur, comme à l’extérieur, de l’Arabie. La majorité des gens furent influencés par sa Da`wa, en Inde, en Indonésie, en Afghanistan, en Afrique, au Maroc, en Egypte , en Syrie et en Irak. Il y avait beaucoup de prêcheurs qui connaissaient la vérité et appelaient les gens à s’y conformer, et lorsqu’ils apprirent la Da’wa du Cheikh, leur activité s’accrut et leur force aussi, et ils devinrent connus. Quant à la Da`wa du Cheikh, elle poursuit son expansion dans le monde islamique et ailleurs jusqu’à l’heure actuelle. On a édité ses livres, ses lettres, et les livres de ses enfants, de ses petits-enfants et de ses partisans et assistants, parmi les savants musulmans en Arabie et en dehors d’Arabie. Ces livres traitaient de sa Da`wa, de sa biographie, de la situation de ses partisans et leurs parcours de célébrité. Il est évident que tout bénéficiaire d’une faveur souffre de l’existence d’envieux et chaque prédicateur a de nombreux ennemis, comme Allah a dit :  » Ainsi, à chaque prophète avons-Nous assigné un ennemi: des diables d’entre les hommes et les djinns, qui s’inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l’auraient pas fait; laisse-les donc avec ce qu’ils inventent « .

Lorsque le Cheikh devint célèbre, écrit de nombreux livres, et rédigea de précieux ouvrages, et les diffusa parmi les gens, un grand nombre d’envieux, de détracteurs et d’ennemis apparurent.
Ces derniers furent divisés en deux parties : une partie lui déclarait hostilité au nom de la science et au nom de la religion, et une partie au nom de la politique. Ils se cachèrent derrière la science et la religion, et exploitèrent l’hostilité des savants qui le contrariaient ouvertement et affirmaient qu’il n’était pas sur la voie de la vérité, en plus d’autres accusations. Mais le Cheikh poursuivit sa Da`wa en dissipant toute ambigüité, en démontrant les preuves, en guidant les gens vers la vérité, et en leur indiquant à quel niveau ils étaient par rapport au Livre d’Allah et à la Sunna du Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam). Parmi les accusations qui lui ont été affligées : qu’il appartenait au courant des Kharijites , qu’il ne respectait pas l’Idjmâ` (le consensus), qu’il prétendait représenter « l’Idjtihâd » absolu (l’effort de déduction des sentences) et qu’il ne faisait aucun cas des savants et juristes qui le précédaient. La vraie raison de leurs réactions est que certains agissaient par manque de science, d’autres par imitation, en se basant sur les avis des autres, et d’autres encore, par peur pour leurs positions. Ils lui déclarèrent hostilité au nom de la politique et au nom de la religion et fondèrent leurs conclusions sur les propos des charlatans et des imposteurs.

 

La Présidence Générale des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas

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